IRONMAN
France 2009, j’y étais…
Certes
pas tout seul, mais bon, on dirait que l’épreuve reine du triathlon se
banalise ! On mange bio, on recycle, on fait gaffe à l’environnement ( son propre corps étant un
microcosme particulièrement étudié et protégé), résultat des courses ce qui
passait pour un authentique exploit du 20ème siècle est relégué, en ce début du
21ème, à un banal parcours de santé du dimanche où 2500 gugusses (
et encore, c’est juste que les inscriptions ne sont pas permises au-delà,
sinon….) vont nager un peu, pédaler une chiquette, avant d’effectuer un petit
footing.
Sont-ils
tous inconscients ? Même pas ! C’est juste qu’en parcourant quelques
pages sur Internet, ils se sont rendu compte qu’en remplaçant l’activité
TV par l’activité footing,
l’inaccessible, y compris le fantasmagorique, est devenu tout a fait jouable. Alors pourquoi
pas , se sont-ils dit.
C’était
mon état d’esprit avant d’attaquer Embrun l’an dernier.
Une
fois le premier IM passé, l’étape suivante consiste à faire son IM au max de
ses possibilités, et l’ultime est d’être qualifié pour Hawaii, si la génétique
est a peu près favorable (avec une VO2max de 15, on aura beau être têtu, c’est
pas gagné).
Bref,
on arrive à ce dimanche 28 juin 6h30, où je vais passer ma ceinture jaune de
triathlon, a savoir faire Nice au max….
Léger
flash back pour savoir comment déterminer avec précision quel est le max…Là est
tout le secret de l’Ironman !
Pour
la natation, c’est facile, il suffit de voir en combien de temps on fait 3000
en piscine.
Pour
le vélo,il faut trouver un parcours qui fasse le même D+ ( proportionnel a la
distance of course) sur 100 km, le faire une dizaine de fois tout seul avec une
bonne intensité. A priori la moyenne sur IM sera de 1 kmh moins vite que le
meilleur chrono.
Pour
la cap, il faut faire un MD avec aussi le même D+ en vélo. La vitesse IM sera de 2 km/h moins
vite en vélo, et 1 km/h a pied.
Apres,
y’a plus qu’a étudier le parcours vélo, et le découper en tronçons, avec pour
chaque tronçon le dénivellé moyen. En variable, on met la vitesse sur le plat,
admettons 30 km/h, et on enlève 3km/h par 1% de dénivellé. En gros, si ca monte
de +5% sur un tronçon, on met 15 km/h.
Ca
marche pas mal comme ça, et ça permet de voir à chaque instant si on est trop
vite ou si on est … cramé.
Voila,
le modèle théorique (validé par le MD Vendome) me donnait très
exactement :
1h05
natation, 6h Vélo, 3h45 cap, T1+T2 10’ soit pile poil 11h. Y’a plus qu’à…
6h30
donc, après l’échauffement ( eh oui, je me suis échauffé ! Dans
l’eau ! Rien de tel en fait pour désinhiber les mauvais nageurs qui ont
peur de l’eau engoncés dans une combi)
6h30’30
premier fait de course, le bracelet du Polar 800 casse au mauvais moment, et
glou et glou, plus de montre. Je suis un peu agacé, et les 1000 premiers mètres,
je pense à la lettre que je vais envoyer au SAV Polar. Les 1000 mètres
suivants, je réfléchis a comment faire un marathon sans MA montre ( ben oui,
comment tenir les fameux 11 km/h sans repère). A part ça j’ai l’impression de
nager correctement ( enfin… c’est très subjectif, vu mes compétences natatoires
sensiblement inférieures a Alain Bernard). Sur la fin, comme j’ai pas trop mal
au bras, et que cette partie pénible est presque finie, j’accélère un peu, et
je rattrape un gros banc de pingouins asphyxiés.
Bilan
1H08 (après étude des résultats 2008-2009, les 3 premiers ont mis 3 minutes de
plus en 2009. Donc bon, mission accomplie). 682eme/2500 record !
T1 :
un peu moins débile qu’à Embrun, j’avais décidé péremptoirement de tout faire
en trifonction. Sauf que le parcours pédestre dans l’enceinte du parc est un
peu long, donc même en footing, ça prend 6 bonnes minutes.
Vélo :
les prévisions sont de 3h pour les 75 premiers KM, et 3h pour les 99 derniers.
Vent
dans le dos , ça carbure sec au début sans forcer ( 38 km/h les 5 premier km…
clairement le vent est dans le bon sens) , tant et si bien que je passe, avec
un peu de difficultés quand même, le col d’ecre en 2h51, 9 minutes d’avance.
Après un bref meeting seul, je décide de calmer le jeu jusqu’au 140eme ( après
ça descend, alors bon, pas la peine de s’exciter).
Un
peu longuet mais pas vraiment dur, et sans forcer, la deuxième partie vélo est
faite dans les temps.
Bilan
5h51 708eme temps
T2
cool 5’
On
va pouvoir passer aux choses sérieuses !
Pas
besoin d’être un devin pour savoir que le BIG problème à Nice, si on a posé le
vélo a peu près lucide, ce sont les 40° bien sonnés sur la prom plein cagnard. Faut
faire le compte de litres d’eau évaporés par heure, et esssayer de les
compenser avec un mélange savant eau/coca.
Rapporter
le tout au nombre de kilos de sucres divers ingurgités jusque là, et espérer
que l’estomac est digne d’Helen Mc Arthur quand elle répare sa grand voile au
Cap Horn.
En
clair, 1er tour ça va, 2 eme tour ça va, 25 ème KM ça va pas !
Un
bon coup de chaud, nausées qui s’ensuivent. Pas possible d’ingurgiter quoique
ce soit, faut finir sur la réserve, en gérant tant bien que mal. Pas d’eau et
pas de sucres, les muscles ne marchent pas très très bien , il faut en
convenir… La fin n’est pas très aèrienne, je l’avoue. C’est long, ça fait un
peu mal ( d’autant que les douches sur le parcours, si elles permettent un
refroidissement instantané du corps, ont fini par inonder mes pompes, et la
plante des pieds est aussi défoncée. Vraiment cool l’IM), et c’est pas drôle. 100
mètres à 10KM/H, 30 pas de marche, c’est le tarif du dernier tour. Avec un
choix cornélien à la clé : finir sous les 11h mais peut être pas finir du
tout, ou finir en 11h03…. J’ai vite
choisi
Bilan
3h52, 494eme temps
Total
11h03, pas trop de surprise ! On va considérer que le boulot est fait.
Et
Hawaii, dans tout ça : je pensais , jusqu’aujourd’hui, qu’un 10h15 était
jouable, l’année prochaine : 5’ en nat’, 10’ avec un vélo chrono, 15’ en
améliorant un peu la puissance vélo, 15’ sur le marathon en n’explosant pas si
fort, et ça fait le compte. Sauf que le dernier qualifié cette année c’est
9h57 ! On peut subodorer que le
niveau moyen augmente singulièrement chaque année, du moins suffisamment pour
que l’objectif s’éloigne au fur et à mesure que l’on s’en approche !
C’est
dur, le sport de masse !
Laurent
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